Poésie
Francis BOUMDA
Cameroun
(8 poèmes)
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Dis-moi qui tu es
Je ne suis ni Juif ni Arabe ni Latino
Je ne suis ni Noir ni Blanc ni Jaune
Je suis le fédérateur des Hommes par-delà les
épidermes
Et je suis à la fois Juif, Arabe, Latino,
Noir,
Blanc et Jaune…
Pour un monde fraternel
Je ne suis ni Wolof ni Mandingue ni Bantou ni
Banyamulenge
Je ne suis ni Ibo ni Fan ni Haoussa ni Béti ni Bamiléké.
Je ne suis ni flamand ni aryen ni aztèque,
Je suis l’unificateur des tribus, le blason des ethnies
d’ici-bas.
Pour un monde uni
Je ne parle ni français ni allemand ni espagnol ni
catalan
Je ne parle ni anglais ni russe ni le zulu ni le douala
ni le chinois,
Ni le lingala ni aucune langue entièrement à part.
Je parle à part entière toutes les langues de tous les
univers,
Je suis le polyglotte universel
Pour un monde ouvert
Je ne suis ni musulman ni chrétien ni bouddhiste
Ni témoin de Jéhovah ni né-de-nouveau,
Je ne suis ni rosicrucien ni franc-maçon ni animiste ni
athée…
Je suis l’Homme au-dessus des coutumes et des croyances
Pour un monde tolérant
Je ne suis ni du tiers-monde ni un émergeant ni d’une
puissance,
Je ne suis ni du G8 ni d’un PPTE ni de l’OPEP ni de l’UE
Ni de l’UA ni des USA,
Je suis un souffle parmi des milliards de vies sur terre
Pour un monde pacifique
Je suis l’identité multiple sous la bannière de la
confraternité,
Je suis une origine disparate pour les coexistences
civiles.
Je suis le dépassement pour les attaches transfrontalières,
Pour un monde qui avance. Mais surtout souviens toi
toujours :
Il n’y a qu’une seule
race, la race humaine.
Coexistence pacifique
Nous sommes artisans de la communion universelle ;
Comme une armée de samouraïs nous cheminons
Dans les avenues de la paix et de la confiance,
Equipés de canons à fleurs cueillies dans des jardins de
rose.
Comme un bataillon blindé nous marchons armés de
Sirènes et de fanfares, pour claironner notre credo
Dans les oreilles du globe.
Nous disons au monde :
Que nous ne sommes pas des kamikazes à la solde des
dégâts,
L’oppresseur, nous le dénonçons en nous accrochant à la
vie
Nous disons au cosmos :
Que nous ne sommes pas l’Oppresseur faiseur de ruines,
Nous avons le droit d’exister, les autres aussi.
Nous ne sommes pas poseurs de bombes
Nous ne sommes pas soldats en casques ni tueurs
d’élites ;
Nous sommes le compromis face au conflit
Nous sommes poseurs des jalons du dialogue comme
Clé de voûte à tous les différends
Ensemble main dans la main, nous œuvrons pour
Moissonner l’apaisement au-delà des souverainetés.
Alors, comme un bataillon blindé nous marchons
Armés de sagaies de roses et de sirènes assourdissantes,
Notre bataillon claironnant le credo de la grande
Paix
Dans les oreilles du globe.
Malaise
Une salve de chagrin malin m’assaille et
m’écartèle.
Sous sa trempe virile ma paix alanguie s’est
Terrée en brandissant son bouclier ;
Ma quiétude assiégée s'enfonce dans le lac de ma
solitude,
En vain j’exorcise le déboire et sa clique
assassine.
Mon humeur allègre sous la morsure de l’affliction
A attrapé chair de poule tandis que la sève de mon
corps
Stagne un instant dans les canaux qui irriguent mon
être.
La fleur de mes espoirs s'est desséchée sans tenir
promesse,
Mais l’embellie à pas de loup se réinstalle, d’abord volatile,
Puis, furetant alentours, ma sérénité me revient
comme
Un Bonheur funambule.
Comme la
pierre de Sisyphe
Je revois mon calme s’étiolant dans les horreurs
qui
Déferlent dans les horreurs azimuts en floraison
ici et là ;
Je ressasse mon aise enchaînée de ronces,
Mon aise qui s'étire en longue agonie en me
froissant
Mon courage et ma force.
Ma joie se consume telle une tour d'ivoire en
Flammes, se consume pour se muer en cendres ;
Elle se consume ma joie et élève ses adieux en
volutes de fumée…
Beaucoup de poisons dissimulés dans les ciboires de
l'amitié,
De voyoutismes minés dans les filouteries des
diplomaties !
L’Homme!
Ils ont l’air bienheureux dans le chaos.
Aujourd’hui venins d’aspic, crimes à grande échelle
Puis médiations, cessez-le-feu, amnisties ;
Demain, retours fracassants aux vomissures d’hier :
Cycle infernal !
Dschang
Par ce soir ennuyeux dans la ville universitaire,
je me suis
Juché sur une motte de terre en saillie d’où
Je contemplais le lac municipal traversé d’un
Pont de pierres bordé de parapets ferreux.
Depuis la motte de terre en saillie, j’ai admiré la
splendeur
Crépusculaire au-dessus des eaux calmes de
l’étendue ;
Ces eaux mi-claires mi-sombres qui renvoyaient
L’image des bananiers et quelques arbres bordant
ses rives,
Rappelant le beau temps des amourettes au clair de
lune.
Des oiseaux nombreux voltigeaient en criant
Au-dessus de cette étendue silencieuse,
Des oiseaux tout couleurs à la ronde, faisant leurs
derniers
Vols splendides dans un ciel peu à peu
s’assombrissant.
Le vent qui flagellait l’eau en surface formait des
ondes qui
En douce se déplaçaient en rangs disciplinés vers
la rive,
Et qui lentement s’en allaient s’évanouir sur ses
Rebords mi-herbeux mi-caillouteux...
La nuit tombante est venue interrompre mon régal
vespéral,
Je n’ai pu prolonger ma contemplation pour plus
longtemps :
A cœur joie, j’ai regagné ma chambrette d’étudiant.
Signes
Lorsque le soleil s’éteint en journée et s’éclipse
dans les nuages,
Et que le ciel embrumé subitement s’effondre au
Rythme du tonnerre qui gronde ;
Lorsque la visibilité s’écroule et s’assombrit,
Et que le vent vivement siffle, et que son souffle
Puissant oscille les arbres en faisant trembloter les
toits des maisons ;
Les oiseaux affolés piaillent et s’envolent en tous
sens,
Les animaux domestiques se hâtant dans leurs
refuges.
Les hommes à tous vents s’empressent sidérés par
L’atmosphère en féerie, tandis que se dessinent
dans le firmament
Les lignes brisées des éclairs dont le bruit
métallique se
Répand tel un coup d’épée sur l’acier ;
Lorsque ces phénomènes graduellement s’observent et
Que le ciel encore agité paraît en courroux,
C’est qu’une averse sur la terre va déverser ses
grêlons,
Qu’elle va engendrer des torrents débordants sur
leurs rives.
Après grêlons et torrents.
Lorsque l’azur redevient clair et que s’observe à
nouveau
Une accalmie auréolée de l’air qui s’apaise et se
meut en sourdine,
Le beau temps ainsi doucement s’infiltre alentours ;
Une lumière blafarde après tempête réapparaît,
Semblable à la lueur des étoiles scintillant au
Clair de lune, puis peu à peu redevient le faisceau
De rayons brulants de l’astre de midi.
Le soir approchant,
Lorsque le crépuscule balaie les traces du jour,
Les voix s’apaisent et murmurent, les corps se
Débarbouillent, se recueillent et se nourrissent...
Le sommeil dans bientôt enveloppera les esprits
pour passer la nuit,
Longue nuit paisible pour l’éclosion d’un nouveau
jour à l’aube…
C’est toi et c’est moi
Ce cœur
noir
Truffé de
bonté
Comme la
rose belle
Parfumée
et érigée
D’épines
tendres :
Tesson de
sourire croustillant
A
l’embrasure des
Lèvres en
dents de scie.
Franchise
Je te compare franchise, à l’extase de l’étreinte,
Bonheur intense et éphémère que recherchent les êtres
Que nous sommes, précieux comme l’or mais qui
S’évanouit comme fantôme l’instant d’après.
Je te compare franchise, aux Tours jumelles
Américaines érigées haut dans l’azur :
Labeur de longue haleine et de sueurs torrentielles,
D’ardeurs immenses le long des années, bâties fortes mais
Terrassés l’instant d’un battement de paupières.
____________________________________
par
Francis Boumda D.
12414 Douala, Cameroun,
Septembre-Novembre 2008
Mob : 237-99455400
Email : boumda@yahoo.fr
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